Lumiel est arrivé à Paphos avant nous et par VHF nous venons d’être prévenu par Stephane que si nous accostons nous sommes bons pour subir le même racket du
week-end.
Pour éviter de payer les 83 euros « d’honoraires d’heures supplémentaires » pour le droit d’entrée sur le territoire avec le bateau, nous jetons l’ancre
dans le port et Agnès se rend avec Pacôme au bureau des autorités afin de tenter une négociation.
La réponse est sans ambiguïté : Même si nous mouillons pour la nuit à l’extérieur du port, comme nous sommes dans la zone des 12 milles nautiques les gardes
côtes signalerons notre arrivée et nous devrons payer la somme demandée. Afin de ne pas compliquer la situation et n’arrivant pas à savoir si cette « règle locale » est juridiquement
valable ou s’il s’agit d’arrondir les fins de mois du préposé aux douanes.
Nous nous amarrons donc sur le quai d’embarquement des « promènes couillons » la bonne nouvelle étant que compte tenu de l’agacement que nous avons
manifesté, le responsable du port nous confirme que pour seulement 30 euros nous pourrons rester le temps que nous souhaitons à quai.
Le problème va se situer au niveau de l’eau et de l’électricité. Les bornes sont privatives et cadenassées compte tenu du prix de l’eau et de l’électricité sur
l’île (8 euros le mètre cube d’eau et 53 centimes d’euros le kilowatt)
Bien décidé à retrouver d’une autre façon nos malheureux euros, nous adoptons le système « D »
Après avoir sympathisé avec l’un des gardiens restant à bord jour et nuit d’un des bateaux, nous lui proposons une tranche du thon qui trône il nous montrera
la combine pour ouvrir une borne électrique et nous conseillera de remplir discrètement la nuit nos réservoirs en nous branchant à la borne non cadenassée d’un autre bateau concurrent.
Nous aurons donc de l’eau et de l’électricité à volonté, charge à moi d’effectuer les branchements de nuit et de ne pas oublier de débrancher avant le lever du
jour.
Pour profiter pleinement de notre court séjour, nous décidons de louer une voiture pour visiter l’île. Un nombre incroyable de loueur proposent leurs services aux
nombreux touristes.
Nous voila parti dans une répétition générale de négociation tarifaire avant notre arrivée en Egypte.
Le cinquième visité sera le bon même si nous avons l’impression que le contrat de location avec un simple nom – prénom et numéro de permis passera vite hors
comptabilité dés notre retour.
A seulement quelques mètres de nos bateaux, le site archéologique de l’ancienne capitale romaine de l’île nous permettra d’admirer les remarquables mosaïques
des maisons de Dionysos et Thésée, considérées comme faisant parte des plus belles de méditerranée.
Nous sommes pratiquement seuls dans le site et nous réussirons le tour de force de partir après tous les gardiens, portes et grilles fermées, ne devant notre salut qu’à un portique de
sécurité.
Le loueur nous a remis une carte de l’île mais a omis de nous parler des routes à emprunter. Le lendemain, sous les conseils de Baptiste qui a organisé le périple,
Les premiers kilomètres nous permettent de nous rendre dans le minuscule village d’Emba. Une fois sur place, pour visiter la « Panaya Chryséléousa » ( superbe ancienne église copte) il
faut aller chercher le pop dans le bistrot misogyne du village ou la presque totalité des corbeaux endimanchées jouent aux cartes dans un silence de cathédrale. Coluche nous avait appris qu’il y
avait plus blanc que blanc, notre irruption dans le quartier général des « tous noirs - tous noirs » nous permettra de découvrir le « silence plus fort que le
silence » !!! Réellement impressionnant de voir une cinquantaine de paire d’yeux se lever à l’unisson pour détailler de la tête aux pieds, « les touristes- touristes » en mal
de bondieuseries.
Mais le jeu en valait bien le cierge. Dissimulé au milieu de ses fidèles, bien décidés à lui assurer l’anonymat, le pop attend de voir si nous sommes capables de
l’attendre plus de quinze minutes. Notre patiente aura raison de sa partie de cartes et c’est avec la plus grande gentillesse qu’il viendra nous rejoindre devant l’ancienne église afin de nous en
ouvrir les portes.
La visite achevée, nous partons vers le nord de l’île direction les chutes d’Aphrodite.
Deux options s’offrent à nous : La route rouge qui rejoint le nord par le centre de l’île ou la route jaune qui suit la côte Est.
Bien évidement vous connaissez la réponse : Nous prendrons la route jaune.
Au bout de quelques kilomètres, la petite route se transforme bien vite en piste de terre, longeant la côte en épousant les reliefs. La vue est splendide et du haut
d’immenses falaises nous pouvons voir de nombreux mouillages accessibles et surs.
Il nous reste encore plus de trente kilomètres et la piste de vient de plus en plus défoncée. Les rares véhicules que nous croisons sont des 4x4, chasseurs et
locaux. Si le loueur voyait ou nous sommes en train de faire passer la Yaris et la Suzuki, je pense qu’il en attraperais des cheveux blancs ( nous apprendrons par la suite que les chemins jaunes sont interdits aux
véhicules de location ) La ballade 4x4 se transforme en excercice de trial lorsque nous devons traverser la forêt pour rejoindre la piste allant au village de Néo Chorio conduisant aux chutes.
Peu à peu le soleil disparaît derrière les hautes montagnes et c’est de nuit que nous finirons les derniers kilomètres de piste à une moyenne de 5 Km/h !!!
Inutile de vous dire que des chutes nous n’en verrons que le panneau de signalisation. Mais il n’y a rien à regretter car cette mini spéciale du Paris-Dakar nous a
permis de traverser une très belle région, aussi sauvage que grandiose.
Le lendemain bien décidé à ne pas nous faire piéger par la nuit, nous partons en fin de matinée pour visiter le sud de l’île. Nous visiterons le sanctuaire
d’Aphrodite,
et le site de « Petra tou Romiou » ou une jeune divinité, venait d’apparaître, aussi belle et blanche que l’écume des vagues qui la vit naître : Aphrodite la déesse de l’amour.
Nous avions prévu de rester plusieurs jours à Chypre mais l’arrivée d’une importante dépression nous a convaincu d’avancer notre départ pour Port Said.
Le lendemain grand ravitaillement au Carrfour de Paphos afin d’y acheter les produits que nous n’avons pu trouver en Turquie, et faire le plein de charcuterie, de
vin et de pastis. C’est en voyant les prix des produits que l’on comprend mieux les excellents résultats du groupe Carrefour….. Ici les prix des produits que nous avons l’habitude d’acheter sont
en moyenne 30% plus qu’en France.
A la tombée de la nuit, nous quittons le port de Paphos pour deux jours de navigation plein sud. La pleine lune va nous offrir un éclairage économique dans le carré
du catamaran et cela nous permettra d’enchaîner les parties de OKEY avec la plus belle des lumières.
Le Feeling de Marie et Stéphane nous distance rapidement au « prés serré » et ne voulant pas solliciter les moteurs nous attendons la renverse de vent
pour refaire notre retard.
Vers huit heures du matin la renverse de vent a bien lieu et c’est au petit largue, sous Genaker et grand voile que nous descendons à plus de huit nœuds vers Port
Said. Nous avons installé les trois cannes et espérons bien continuer sur notre lancée. Mais cette fois nous sommes un peu loin de la coque rouge de Lumiel. Les cannes restent désespérément au
garde à vous.
En milieu de matinée, c’est au tour de Lumiel de nous annoncer à la VHF l’exorcisme de
la coque rouge. Une magnifique bonite de 5 kg vient de nous faire à distance, le plus beau des pieds de nez.
Il va nous falloir réagir vite et trouver rapidement la parade si nous ne voulons pas passer pour des bleus de l’anti-fouling et de la pêche à la traîne.
Comble d’ironie quelques heures plus tard nos trois cannes s’emmêlent et il nous faut nous résoudre à revenir aux fondamentaux qui nous ont à ce jour pas trop mal
réussi. Au vestiaire pour l’instant la troisième canne et retour à la formule de base : deux coques – deux cannes ( une française et une turque)
Dans le carré nous nous sentons observés. Notre VHF piaffe d’impatiente et du coin de l’œil elle semble nous dire de faire en sorte de lui réchauffer le micro dans
les meilleurs délais.
La pression devient pesante car le bateau accélère plus en plus et surfe sur les vagues, limitant nos chance d’éviter de nous faire chambrer par les coques rouges,
à notre arrivée dans le pays réputé comme l’un des plus poissonneux.
Mais l’Umiak a des ressources et la riposte va être à la hauteur de nos espérances.
Comme sur un catamaran tout va par paire, c’est dans le plus grand confort de nos paires de tongs que nous allons riposter lorsque dans un timing parfait nos deux
jumelles de carbone font leur révérence à nos nouveaux invités : Les frères Thon, deux parfaits jumeaux, inséparables même dans les pires moments.
Et de deux ...............
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