Samedi 7 juin 2008

Notre séjour à Marmaris tire à sa fin et après avoir vu partir successivement vers d'autres horizons, Michel et Jannick, Denis et Lucile, nous disons au revoir à notre sympathique voisin « Ulli ».


Nous aurons passé en sa compagnie d'agréables soirées sur Umiak et vu le chantier qu'il a entrepris pour refaire entièrement le bateau qu'il a racheté à un Turc, il a vraiment apprécié que l'invitions à bord le soir pour partager nos repas. Comme nous devons repasser dans une dizaine de jours à Marmaris pour accomplir les formalités de sortie du territoire, nous l'avons encouragé à finir son « relift » avant notre retour pour pouvoir sabrer ensemble le champagne.............. Mais à mon avis, c'est loin d'être gagné !!


Nous quittons la confortable « YachtMarina » direction Gocek pour y retrouver nos amis les « plonplon » qui atterrissent dans deux jours à l'aéroport de Dalaman (les seuls qui avec la famille Jan auront fait l'effort de venir nous rejoindre pendant cette année de voyage)


Si vous souhaitez hiverner dans cette région paradisiaque pour la navigation côtière à un tarif des plus intéressants, aucun doute c'est ici qu'il vous faut venir.

Yacht Marina propose un tarif annuel ou l'on vous décompte les jours de navigation !!! Si vous naviguez 3 mois...... : vous avez un crédit du nombre de jours d'absences à valoir sur votre prochaine facture. Connaissez vous beaucoup de port en France qui proposent le même système ?

Autre petit tuyau : Nous avons fait la connaissance de Cécile et Jeff qui animent depuis plusieurs années l'association Francophone Nokta qui a pour but de vous faciliter vos séjours et croisières en Turquie. Disponibles, compétents, accueillants, l'un comme l'autre font le succès de cette « antenne Française » incontournable à Marmaris.




La descente sur Gocek est effectuée en huit heures de navigation, les thons et espadons que nous avions croisés en allant sur Finike ont bizarrement décidés de s'éloigner de nos rapalas.
Nous apprendrons par la suite que le mois de Mai n'est pas très propice pour la pêche à la traîne dans cette région de Turquie.

C'est sous voile que nous pénétrons en fin d'après midi, dans cet incroyable paradis du mouillage. Le vent commence à faiblir au fur et à mesure de notre avancée au fond de la baie. Seules de fines vaguelettes viennent flétrir timidement ce qui pourrait presque ressembler à une patinoire supra olympique.


De part et d'autre, un nombre impressionnant de criques ou les pins poussent quasiment les pieds dans l'eau.
Sur fond de sommets enneigés, nous découvrons notre terrain de jeu pour les dix jours à venir. On ne pouvait rêver meilleur endroit pour recevoir nos amis.


Si vous allez sur Google Hearth pour visualiser l'endroit voila ce sur quoi vous allez tomber !!!
C'est toujours plus impressionnant vu du ciel, mais même au ras de l'eau, le spectacle offert dépasse encore de loin ce que nous avions pu imaginer avant de pénétrer dans la baie de Gocek.


Tout au fond, nichée bien à l'abri des vents dominants, la petite ville de quelques milliers d'habitants nous tend les bras.
Quatre marinas proposent leurs services aux plaisanciers et c'est dans la Marina municipale que nous avons choisi d'attendre l'arrivée de nos « stagiaires ». Trois fois moins chère que la très chic « Port Gocek » squattée par une colonie d'anglais plus British et Argentés les uns que les autres, et même gratuite en hiver, il n'en fallait pas plus pour nous décider. Comme nous un couple de vacanciers semblent impressionnés par quelques unités de milliardaires.


Pas de grand Yacht dans la marina municipale, seulement les bateaux locaux, les Gulets de promenade à la journée et quelques bateaux de charter.


Le lendemain matin, Baptiste et « Plonplon », sont sur le pied de guerre pour nous assurer le repas du soir. Pour eux, aucun doute, les hameçons apportés de France vont ramener du « costaud »

Pour nous, aucun doute non plus, les hameçons ont bien ramené du « costaud » !!!!
Agnès joue les infirmières et son stage d'apprentissage aux techniques médicales en conditions d'isolement va trouver grâce au phénoménal et incomparable « plonplon » toute sa justification et sa raison d'être (Avant notre départ, Agnès est allée à Paris pour suivre sur plusieurs jours, une formation de très bon niveau, proposée par l'association « Sail the World », dispensées par des médecins urgentistes et du « cross »)


Il faudra de longues minutes à notre stoïque et imperturbable cobaye pour reprendre ses esprits et réaliser à quel point il a réalisé un acte de bravoure en confiant sa destinée aux techniques si particulières de mon infirmière adorée.


Une fois quittée la marina, le plus dur reste à faire tant le choix est grand: Choisir un endroit pour y passer la journée. Entre Aytin Koyu et Ortism Buku, une crique bien abritée offre l'avantage non négligeable d'avoir une source naturelle ou l'on peut reconstituer en toute sécurité et sans bourse déliée ses réserves en eau.


Au bord du rivage des points d'amarrages ont été installés afin de pouvoir mouiller en totale sécurité.


Une fois l'ancre en place par dix mètres de fond le plus souvent, il vous suffit de porter à terre un long bout pour vous y accrocher. Les vents étant très changeants, le bateau restera ainsi sans pivoter sur son ancre.

(Désolé plonplon, mais une photo pareille on ne peut pas la garder secrète)

Une fois la manœuvre réalisée, une rude journée de labeur peut alors commencer. Chacun vaque à ses occupations à seulement quelques mètres des pins qui bordent l'eau offrant aux plus téméraires des plongeoirs naturels originaux.



Lecture ou pêche pour les uns, baignade ou plongeons pour les autres,


en attendant l'heure de l'apéritif, l'indispensable partie de Tarot.





Le lendemain nous jetons notre dévolue sur Boynuz Buku. Tel un fjord norvégien, la baie ressemble à un long couloir qui s'enfonce en doux méandres au milieu d'une gigantesque forêt de pins et d'une végétation luxuriante. De chaque côté de petits abris naturels permettent à chacun de trouver sa place en toute tranquillité.

Tout au fond de la baie, deux rivières coulent de part et d'autre du petit restaurant qui a trouvé refuge sous une splendide pinède. Remplie de crabes géants dont nous n'apercevrons au final qu'un seul exemplaire, nous avons décidé de remonter la rivière en zodiac dans quelques centimètres d'eau pour pouvoir pécher dans les meilleurs conditions possibles et réussir par là même l'exploit de reconstituer à notre manière la célèbre scène du film « Fitzcarraldo » ou Klaus Kinski décide de transporter par voie terrestre son énorme vaisseau. Les propriétaires du restaurant qui ont assisté à la scène ont du nous prendre pour des fous en nous voyant tirer l'annexe pour parcourir au grand maximum pas plus de deux cent mètres.

Là si vous êtes disposé à servir de repas du soir à l'armée de moustiques qui attendent patiemment dans les roseaux les généreux donateurs, vous pourrez en plus vous alléger votre porte monnaie en une seule soirée. A presque cinquante euros le kilo de poisson frais mais aussi congelé, vous aurez la joie de repartir les poches vides et les cloques pleines. Magnifique tour de passe passe local qui en deux temps trois mouvements vous suce « l'intérieur et l'extérieur ».


Nous avons choisi de rester éloigné de cet enfer paradisiaque pour profiter du talent de nos cordons bleus.

Le lendemain matin, nous quittons notre mouillage pour aller passer une partie de la journée dans la baie « ronde ». Devant la grande plage arborée, un troupeau semble se satisfaire de la maigre végétation comestible.


A l'ouest, au milieu d'une forêt de pins, une ravissante plage ombragée va nous accueillir pour une bonne partie de la journée. Bien abritée des vents du nord, l'endroit n'est pas assez profond pour que les Gulets de promenades viennent s'y aventurer et nous serons tranquilles pour la journée.


Pendant que les garçons décident de pêcher la friture du soir et que les filles et Agnès en particulier, choisissent de parfaire leur technique du « dos crawlé »,

Pacôme, en chasseur solitaire, part nous chercher comme à son habitude les poulpes que nous ferons griller à la plancha pour l'apéritif.
Gagné !!!! Bien meilleur et moins cher que le « congelé » des restaurateurs locaux.

En fin milieu midi, nous quittons l'endroit pour nous diriger vers la crique du tombeau. Ce qui est merveilleux dans la baie de Gocek, c'est que vous pouvez changer maintes fois de mouillages dans la journée en effectuant de simples sauts de puce. Comme dans les meilleurs spectacles de Broadway, vous changez de décor en quelques secondes, et la multitudes d'endroit tous plus beaux et sauvages les uns que les autres vous assurent un renouvellement du décor presque intarissable.

Plus futé que son voisin et conçurent, le restaurateur local a installé des pontons gratuits, des douches elles aussi gratuites et suprême effort, il propose une carte légèrement plus raisonnable ou le prix n'est pas au kilo mais au plat ( rusé l'animal !!!)


Luxe suprême un salon de coiffure est installé au bord de l'eau et propose toute une batterie de soins pour attrape couillons.

Nous préférons là encore rester au mouillage en compagnie d'un « Caiq » de location ou une famille d'allemand a décidé de venir passer la nuit. Bien arrimés par l'arrière sur les rochers aux pointes acérées, nous sommes prêt à reprendre le doux rythme de nos occupations quotidiennes : Lecture, Pêche, Plongée sous marine, Tarot, Apéritif, Repas, etc....


Agnès et moi préférons opter pour la marche et la varappe et nous décidons d'aller visiter le triple tombeau lycien qui surplombe majestueusement les mouillages environnants.
Après une bonne heure de grimpette sous un soleil de plomb, la ballade se finit en escalade à vouloir comme tout bon Français qui se respecte, éviter le chemin classique et couper à travers bois.


Arrivée devant l'entrée des tombeaux, nous avons le plaisir de pouvoir jouir d'un coup d'œil grandiose et privilégié sur la baie de Gocek.
Quand vous arrivez au sommet et que s'offre à vous un tel spectacle, je peux vous assurer que le plaisir est intense et que toutes les galères multiples (qui sont le lot presque obligatoire d'un voyage d'une année en bateau) s'estompent aussitôt pour laisser la place à la seule joie de pouvoir contempler égoïstement un tel tableau vivant.


Lorsque nous retournons à bord d'Umiak Mantagua, nous constatons une fois de plus que Pacôme n'a pas dérogé à une tradition maintenant bien établie : Il a invité de nouveaux amis pour la « plancha » du soir.


A chaque jour, suffisent ses criques. Une simple traversée de quelques milles et nous voila rendu sur l'Ile de Tersane. Entrée étroite qui protège parfaitement cet ancien village Byzantin dont l'activité principale était liée aux chantiers navals qui construisaient et réparaient de petites unités. Aujourd'hui seuls subsistent sur l'île un couple de fermier dont les chiens de bergers vont nous assurer un concert nocturne des plus monocorde, et un restaurateur Francophone qui a bien comprit l'intérêt d'un tel endroit.


Pour joindre l'utile à l'agréable, Plonplon et moi, dans une eau à 22 degrés, armés de nos efficaces raclettes, décidons de chatouiller un peu les coques du Fountaine Pajot.

Après plus d'une heure de dur labeur,pour me détendre un peu, je décide d'aller me faire masser (et au final charcuter les mollets) dans la végétation du nord de l'île pour réaliser quelques clichés en hauteur. Plus hostile que notre garrigue bien aimée, ronces, herbes folles, anciens puits abandonnés (ou un peu inconscient du danger je descendrait pour récupérer ma casquette qui avait décidé d'aller chercher au fond un peu de fraîcheur),


araignées par centaines qui vous filent entre les jambes pour vous inciter à rebrousser chemin, et insectes de tous bords, viennent me taquiner et tester la résistance de ce nouvel envahisseur.

Les mollets zébrés comme à la célèbre époque de « Blancou » (seul peuvent comprendre les initiés qui ont connus ce cours privé Nîmois ou le savoureux personnage vous enseignait la vie à coup de Proserpine sur les doigts et les mollets), ce sera mon chemin de croix pour la journée.
Mais la vue là aussi valait bien ce petit sacrifice.

 

En contemplant les stries ensanglantées de mon trop tendre épiderme, j'ai une pensée émue pour tous ceux qui ont l'immense honneur d'avoir connu et goûté la célèbre Proserpine.

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Et comme le temps ne m'est pas compté, je ne résiste pas à l'envie de vous raconter brièvement (un livre n'y suffirait pas)

La magnifique et respectable histoire du plus célèbre cours privé Nîmois des années 60- 70: Le cours "Blancou".


Si vous aviez la chance de pouvoir intégrer ce repaire de cancres réservé à un tout petit nombre tant les locaux étaient exigus, voila comment se serait passée votre séjour auprès de la famille Blancou :

Vos parents et vous-même étiez reçus par Monsieur Blancou en personne qui, après avoir porté un jugement définitif et sans équivoque sur votre personne, expliquait à vos chers parents que vous auriez à la fin de votre séjour dans son établissement ou à la finl'année dans le plus court des cas si vous entriez en classe de troisième, votre tant convoité BEPC. Avec un taux de réussite dépassant très largement les 100%, aucun parent ne résistait à la démonstration.

Première étape, Monsieur Blancou étalait sur la table de la salle à manger un plan de la ville de Nîmes ou un premier cercle rouge, semblable à celui tracé dans les arènes de la capitale Française de la tauromachie, signalait l'emplacement de la « villa-école » dont le jardin qui servait de cour de récréation pouvait à peine contenir la Dauphine Renault flambant neuve qu'il fallait laver avec la plus extrême attention à raison d'une fois par semaine sous peine des pires représailles.

Après avoir demandé à vos parents leur adresse, il allait religieusement chercher un compas métallique dans le buffet de style espagnol et après avoir planté comme le plus avisé des matadors la pointe au centre du petit cercle, il en écartait les jambes aussi fines et raides que celles de Nimeno II et dessinait avec la mine aussi sérieuse que celle du compas la plus régulière des véroniques, pour tracer au final un cercle qui délimitait la « distance légale autorisée».
Si les parents résidaient à l'intérieur du cercle, l'élève devait obligatoirement utiliser ses propres moyens pédestres pour rejoindre le mini collège. A l'extérieur du cercle, vous étiez autorisé à utiliser un vélo (et uniquement un vélo) pour vous rendre en cours.

Une fois ce postulat accepté par vos parents et forcément par vous-même, Monsieur Blancou sous le regard émerveillé de sa discrète épouse se lançait dans une explication précise de ses méthodes très personnelles d'enseignement de la vie en général et de la scolarité en particulier. A eux deux, ils dispensaient la presque totalité des matières (y compris le latin obligatoire) à l'exception d'un professeur d'anglais qui assurait par sa présence, la parfaite rotation des trois classes.

Passionné de tauromachie, rédacteur du premier règlement taurin Français, féru d'histoire, de musique, de peinture et plus particulièrement du peintre Goya, vos parents acceptaient par avance les méthodes « Blancou » d'enseignement et de transmissions du patrimoine des passions au chanceux rejeton qui écoutait avec effroi le programme des réjouissances et qui,au rythme du balancier de la comtoise qui trônait dans la salle à manger, se tassait puis se liquéfiait sur la chaise dont le bois craquait par saccades, vous rappelant par la même, la fragilité du corps humain.

Puis venait le temps des explications du registre des récompenses :

Une faute vous valait un coup de Proserpine sur les mollets ou sur le bout des doigts, au gré des humeurs du bourreau. Vous deviniez très vite qu'il était préférable de limiter le nombre d'erreurs si vous ne teniez pas à réintégrer le domicile parental en costume de zèbre.

Tout manquement à la discipline ou note catastrophique était récompensé par une invitation à déjeuner à la table des propriétaires. Au menu, vous aviez le choix entre : Pommes de terre à l'eau sans beurre sans sel ou nouilles proposées avec la même garniture. Si vous choisissiez les nouilles, le sadique cuisinier vous apportait des pommes de terre et vice versa. Par bonheur, dés que Monsieur Blancou avait le dos tourné, Madame sortait de sa poche une minuscule salière pour agrémenter, avec la très discrète complicité de son mari, votre frugal repas.

Tout tentative pour échapper à la tenue vestimentaire obligatoire (cravate pour les garçons et jupe longue pour les filles) était sanctionnée dans le meilleur des cas par une corvée de nettoyage de la Dauphine.

Pour les garçons, une longueur maximale de cheveux était autorisée et lorsque l'inacceptable venait à être constaté par le maître de cérémonie, il vous envoyait immédiatement chez son complice du quartier, le coiffeur de la rue XXXX qui appliquait à la lettre les consignes du sieur Blancou et vous renvoyait en cours une demi heure plus tard, aussi déplumé qu'un conscrit à la sortie de la tonsure d'incorporation.

L'intronisation se terminait par une visite des lieux :
Au premier étage, accessibles par un escalier extérieur, trois pièces, pouvant chacune accueillir un maximum de 10 élèves et un cabinet de toilette (ou s'affichait dans une calligraphie parfaite un règlement draconien sur la gestion du papier toilette et des produits hygiéniques) faisaient office de structure scolaire.

Dans chaque classe un tableau noir recouvre presque intégralement le mur du fond. Une observation attentive permettait de repérer au dessus de celui-ci un objet insolite dans un tel lieu.
Un rétroviseur de voiture !!!
Vissé directement sur le haut du tableau, le professeur pouvait en toute discrétion surveiller ses ouailles pendant qu'il rédigeait le problème qui allait dans quelques minutes sortir la redoutable Proserpine de sa somnolence passagère.
Idée de génie que celle d'avoir pensé à installer un tel système de surveillance : autonome et à l'abri de toute panne électrique ou électronique.

Dans le minuscule jardinet, un personnage éminemment sympathique entrait en scène à l'heure de la récréation. La femme de ménage était autorisée à installer sous l'escalier une paire de minuscules tréteaux en bois. Monté à la hâte le temps d'un break, le stand de boissons, friandises et croissants (dont le bénéfice servait à coup sur à rétribuer une partie des heures de ménage) était géré avec la rigueur d'un économat de l'armée par la brave femme qui, ne connaissant que trop sa clientèle avait plutôt intérêt à ne pas quitter des yeux, la boite de malabar et de fraises tagada.

Dans l'autre coin du jardin un drôle d'engin semblait attendre à chaque récréation un pilote compétent.
Pour que chacun puisse de gré ou de force se familiariser avec l'art tauromachique, le maître avait mis à disposition des élèves un véritable careton aux cornes emboulées qui devait impérativement se dérouiller les rayons au moins deux fois par semaine. Et gare à quiconque tentait se soustraire à cet exercice aussi bon pour le corps que pour l'esprit.

Lors de cette première prise de contact Monsieur Blancou finissait son brillant exposé par la présentation de la récompense suprême des diplômes en fin d'année.
Chaque année, la très célèbre mais au combien confidentielle « ferrade Blancou » réunissait en un seul et même lieu tous les cancres et cancrelettes de la régions qui avaient eu la chance de fréquenter cette véritable institution de l'éducation au sens large et de « croiser le bois » avec Proserprine.
Obligation pour toutes les filles de descendre dans l'arène pour y effectuer une série de naturelles. Pour les garçons, le programme prévoyait en plus la capture des anoubles qui devaient être marqués.

Les bénéfices de la ferrade étaient immédiatement réinvestis dans l'achat d'une énorme collection de livres de cuisine.
La particularité du cours Blancou est d'avoir consacré en son sein un nombre incroyable de mariage entre élèves cherchant dans sa future moitié un peu de réconfort et de compassion pour les supplices endurés.
Il était de tradition d'inviter pour l'occasion le maître entremetteur et son épouse.
Bien décidé à ne pas perdre de temps inutile à consulter la liste de mariage déposé dans les magasins du centre ville, le brave homme se faisait un devoir d'apporter aux nouveaux époux l'ouvrage qui permettrait aux plus raisonnables de prendre au minimum un kilo par année de mariage. Ravi de jouer dans le temps un vilain tour à tous ceux qui avaient usé par mégarde ou par vengeance, la carrosserie de la vénérable Dauphine, il vous apportait le divin cadeau avec le même cérémonial que s'il s'agissait d'un exemplaire rare de la bible.

Merci Monsieur Blancou pour tous ces coups de règles injustes, vos si minuscules pommes de terre vapeur, vos trop courtes séances de diaporamas entre midi et deux retraçant l'œuvre de Goya,
Merci également pour vos trop chers « mala » et « caram » si prompts à quitter le bar pour atterrir dans nos poches de chenapans, et surtout pour toutes vos leçons de vie que malheureusement la nouvelle génération n'aura pas la chance de connaître, à force d'avoir sacrifié sur l'hôtel de la honte des « biens pensants », les méthodes efficaces de l'enseignement à l'ancienne.


FIN DE LA PARENTHESE


Nous sommes toujours dans la crique de Tersane et en fin d'après midi Pacôme revient avec un nouvel ami de presque deux kilos qui va à lui seul remplir la plancha.

 

Et le soir c'est un véritable festin qu'Agnés nous a préparé.
Poulpes et mérous grillés à la Plancha...... Un véritable régal !!!!

 

Fin de la première partie Gocek.

 

Par Jean-Jacques - Publié dans : Voyage - Communauté : voyages aux 4 coins du monde
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