Dimanche 29 juin 2008
Au petit jour, un léger vent du nord pénètre dans la baie de Porto Cervo, il est temps de lever l'ancre afin de rejoindre au plus vite Bonifacio, ou nous prendrons la météo en faisant le plein de gasoil.


Sous le regard hautain des énormes yachts mouillés sur le quai sud, nous quittons, sans y avoir posé le pied, la Sardaigne et son port de milliardaires.

Sans que cela rallonge énormément notre route, nous choisissons de naviguer entre les îles qui protègent le nord de la Sardaigne.

Notre faible tirant d'eau nous permet de faire un dernier « rase cailloux » devant les fortifications qui défendaient en son temps ce chapelet d'îles.


La nature a sculpté au hasard des reliefs des formes évocatrices ou chacun peut laisser libre cour à son imagination.

Au milieu de cette immense baie naturelle, nous croisons de nombreuses navettes qui relient entre elles, les différentes îles. Bien abritée, elle constitue un bassin de navigation ou écoles de voiles et régatiers se retrouvent pour partager leur passion.


Après une traversée rapide et sans problème des «Bouches de Bonifacio, les gigantesques falaises, qui surplombent le superbe petit port corse, nous attendent pour une courte escale technique. Il nous faut prendre une météo plus récente car une dépression venant du nord est annoncée et je préfère vérifier les conditions de vent dans les prochaines heures. Nous devons également faire le plein de gasoil pour plus de sécurité.

Contrairement à ce que nous redoutions, les quais ne sont pas surchargés comme c'est le cas en été. Nous trouvons facilement une place pour faire le plein de nos jerrycans, mais les prévisions météo annonçant un changement de vent dans les vingt heures suivantes, nous préférons reprendre la mer immédiatement afin de profiter le plus longtemps possible du vent de Sud - Sud Ouest qui souffle à presque quinze nœuds.

A quelques milles des côtes, et pour ne pas déroger à la tradition, Pacôme va nous assurer le repas du soir.

C'est une sympathique petite bonite qui clôturera notre tableau de pêche durant ces mois de navigation.

En fin d'après midi le vent commence à tourner au Nord. Les conditions favorables que nous avions en quittant Bonifacio sont entrain de changer et il va falloir nous préparer à une remontée plus agitée que prévue. Le vent semble monter au même rythme que le soleil se voile et débute sa lente agonie de la journée.

La renverse de vent se produit plus tôt que prévue. En fin de journée, le vent est maintenant établi au Nord Ouest, la mer devient de plus en plus hachée sous l'effet de la renverse de vent. Vingt, puis vingt cinq pour finir par trente nœuds au « prés serré », la progression devient de plus en plus lente et difficile.


Les dix nœuds du départ ont fait place à une vitesse moyenne de six nœuds et j'ai de plus en plus de mal à relancer le bateau qui dans cette succession de vagues courtes peine à reprendre sa vitesse de croisière
.
Quelques rafales à trente cinq nœuds vont nous faire comprendre qu'il nous serra difficile de rejoindre directement Port Saint Louis du Rhône. A seulement 30 degrés du vent, il nous est impossible de conjuguer cap et vitesse et nous préférons abattre de quelques degrés pour retrouver un relatif confort de navigation.


Fourbus et un peu déçus d'être obliger de faire escale dans la rade de Toulon, nous allons nous abriter pour la nuit dans le port de Saint - Mandrier.
Nous y laisserons le bateau quelques jours sous la surveillance du très sympathique personnel de la capitainerie. Drôle de port que celui-ci !!! Les pontons, aussi vétustes et rouillés que les navires de guerres qui croupissent à l'entrée, menacent de s'écrouler. Ils doivent tous être remplacés dans les années à venir ( la CCI qui gère le port ne semble pas très pressée), l'accès étant pour la forme condamné par de ridicules petits grillages. Vous pouvez donc vous amarrer sous votre propre responsabilité à un quai dépourvu d'eau et d'électricité, qui selon le personnel et susceptible de s'écrouler d'un jour à l'autre. Malgré les risques encourus et l'absence de commodités, la CCI vous fait quand même payer ( avec une réduction de 20% pour vous faire avaler la pilule) cinquante euros pour la nuit. On est loin des prestations et du confort des marinas Turques. Plus aucun doute on est de retour en France.

Quelques jours plus tard, nous retournerons chercher le bateau à St Mandrier pour une courte navigation jusqu'à la nouvelle résident d'été d'Umiak : Le port à sec de Navy Service.

Ici les multicoques sont sortis de l'eau avec une remorque pourvus de vérins hydrauliques.

Tirés par un puissant tracteur une fois installé sur la remorque, la manœuvre se fait tout en douceur.

Un court trajet sur le goudron..............


Et Umiak se retrouve les quilles au sec pour un nettoyage en profondeur en attendant son futur propriétaire.


                                         

Par Jean-Jacques
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