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TOUR DE MEDITERRANEE et MER ROUGE 2007 - 2008
Leds et feux de navigation www.mantagua.fr
20h30 Position exacte au moment de l'impact : 43° 49'41.74 Latitude Nord - 4°25'56.04 Longitude Est.
Sous le choc Agnès et moi ouvrons de grands yeux incrédules. Comme Ulysse et son fidèle équipage, nous sommes irrémédiablement attirés vers les hauts fonds de l'île
de la Retrouvaille.
Devenu aussi ingouvernable que le peuple français, nous n'avons pas d'autre solution que d'abandonner le navire et mettre pied à terre, au risque de croiser sur notre route les redoutables
pirates qui festoient et font ripailles, bien à l'abri dans la célèbre crique du bois « sang-soif » , attendant patiemment de futures captures.
Les premières larmes glissent sur les joues de ma bien aimée. Comme pour se rassurer elle me prend la main. Quels horribles supplices l'attendent si nous sommes capturés ? Je n'ose y penser.
Guère plus rassuré, j'essaye en vain de cacher mon émotion en multipliant les gestes amicaux.
Face à nous, une trentaine de pirates réjouis de leur capture entament devant nous ce qui pourrait s'apparenter à une mystérieuse danse du scalp version grecque. Le
piège vient de se refermer inexorablement sur nos frêles épaules. Je n'ose dire à ma compagne d'infortune ce que je viens d'apercevoir. Sur notre gauche, le bucher est déjà prêt. Rougi par la
braise, un effrayant carcan métallique semble attendre nos tendres cuissots.
Agnès pleure à chaudes larmes incapable de contenir son émotion.
Pacôme , notre plus grand mousse, appétissant en diable, va surement finir la soirée dans une marmite, transformé en mousse à quoi mais en moussaka bien sur, pour le plus grand bonheur de cette
bande d'assoiffés « morts de faim ».
Nous allons à n'en pas douter vivre un véritable cauchemar, la nuit de tous les dangers et de tous les sacrifices s'installe sous les regards complices du maître de cérémonie.
Moins funeste que le son du cor avant l'hallali et bien plus entrainant que le chant des sirènes, un sextet en tenue de cérémonie entame les premières notes d'un medley de la marche des condamnés et du chant des partisans.
Soudain, au son de cette douce mélopée, le brouillard cérébral qui nous immobilisait, se dissipe comme par enchantement. Les visages deviennent amicaux, familiers
même.
Agnès peut arrêter ses « essuies glace » le pire semble maintenant derrière nous.
Pour ce qui va devenir le meilleur, les rires les plus complices nous font une haie d'honneur.
Ils sont tous là ou presque, les amis fidèles et infidèles qui n'ont pas osé nous suivre à bord de notre fragile esquif pour ce trop court et trop long périple.
Quelle joie pour nous de les voir tous réunis après tant de mois de séparation.
Ces instants privilégiés sont le bonheur et la jouissance discrète des marins de retour au bercail. Le plaisir égoïste et savoureux de serrer dans ses bras ceux qui ont, sans le savoir, occupé
vos pensées les plus secrètes dans les moments difficiles.
Comment leur dire que les plus beaux paysages et les plus belles rencontres ne sont que peu de choses si l'on ne peut les partager entre amis.
La plus belle des traversées, nous l'avons effectué un soir du mois de juin 2008 entre Manduel et Rodilhan. La plus belle des escales nous y attendait sur l'île de la retrouvaille.
- Pour vivre heureux, vivons ensemble -
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