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Agnès, Pacôme, Baptiste et Jean Jacques........ une année de liberté et de découvertes

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ARRIVEE EN CRETE AU PORT DE RETHIMNON

 
Rethimnon :
 
En partant de Santorin, notre idée première était de descendre directement sur le port de La Canée qui se situe au Nord Ouest de la Crète. Les grains successifs que nous subirons pendant les neuf heures de traversée vont nous obliger à réduire la voilure et par voie de conséquence à diminuer notre moyenne.
 
Afin d’éviter une arrivée de nuit dans une passe truffée de hauts fonds, et un port considéré comme difficile d’accès par fort vent du large, je préfère infléchir ma route et nous mettons le cap sur le port Vénitien de Rethimnon que nous atteignons à la tombée de la nuit.
 
A peine avons-nous contourné le brise lame qu’une odeur très suspecte de caoutchouc brulé nous emplie les narines. Agnès et son infaillible détecteur d’odeur intégré en  identifie immédiatement la provenance. Quelque chose chauffe dans le compartiment moteur tribord et notre amarrage rapide sur le quai de la nouvelle marina nous permet de couper immédiatement les moteurs.
Une vérification rapide me permet de constater que le moteur tourne correctement. La fatigue des coups de vents et les grains successifs que nous avons subis ont raison de ma curiosité et je remets au lendemain une inspection plus complète, n’ayant à priori rien constaté de visible.
 
L’origine du problème nous est révélé le lendemain après que j’ai pu contacter un mécanicien grâce à un pêcheur du port. L’alternateur s’est bloqué et cela a entraîné une surchauffe de la courroie qui malgré les efforts n’a pas cédée. La panne a du survenir juste avant notre arrivée car il ne fait aucun doute qu’une trop longue sollicitation aurait pu déboucher sur un incendie dans le compartiment.
 
Le soir même l’alternateur est démonté pour être emmené en réparation chez un spécialiste.
La gentillesse de Monsieur Sifis et sa réelle envie de nous porter assistance du mieux possible, nous impressionne. Dans sa Toyota Corolla noire, nous traversons la ville pour aller chercher des courroies de rechange aux meilleures conditions, plus tard nous partirons chez le spécialiste de ce type de réparation à qui sera confié l’alternateur pour réparation.
J’ai toujours su que les possesseurs de Toyota étaient des gens « biens » !!! Lorsque vous compulsez les guides de voyages, tous sont unanimes pour souligner le sens de l’hospitalité des Crétois. Ces premiers contacts ne dérogeront pas à la tradition.
 
La nouvelle marina de Rethimnon est située juste avant l’entrée du port vénitien. Pontons flottants presque neufs, eau et électricité disponibles sans aucune formalité particulière (si ce n’est une petite pancarte qui vous indique les tarifs, vous demande de payer avant de partir et laisser propre votre place), de solides pendilles pour vous assurer un amarrage de qualité, et pour couronner le tout des places disponibles un peu partout. On a beau dire, mais en cette saison, naviguer en méditerranée avec un catamaran de plus de six mètres de large, n’est absolument pas un handicap.
 
Devant nous une large plage de sable blond bordée d’innombrables palmiers, s’étire sur plus de quatre kilomètres. Sur notre droite, le fort construit au seizième siècle sur l’isthme rocheux et l’ancien phare en pierre qui garde avec fierté l’entrée du microscopique port vénitien, nous rappelle que cette ville a été par le passé le théâtre de bien des convoitises. Et pour clôturer le tout, en toile de fond, les sommets enneigés qui culminent à plus de deux mille six cent mètres.
 
 
A côté de nous le bateau restaurant « ship of feels », un bien sympathique voisin.
 
 
 
Dans les rues piétonnes qui encerclent l’ancien port Vénitien, les balcons en bois et les minarets soulignent l’empreinte Turque. Nous prendrons beaucoup de plaisir à flâner tard le soir dans les boutiques ouvertes en grande majorité jusqu’à vingt et une heures.
 
 
 
 La saison touristique étant finie les boutiques proposent des remises importantes sur leur stock et les nombreux magasins de chaussures proposent des prix défiant toute concurrence.
Tous les jeudi, un grand marché se tient sur le parking devant la marina. Il nous donnera l’occasion d’acheter d’excellents produits locaux. La cuisine Crétoise est réputée pour être l’une des meilleures au monde et aussi pour allonger la durée de vie. La qualité de leurs fruits et légumes en est l’une des raisons fondamentales.
 
Pour midi, un radis par personne devrait suffire pour commencer le repas, en attendant la célèbre soupe de fanes d’Agnès.
 
 
Au beau milieu de ce marché alimentaire de nombreux  stands proposent sans équivoque possible des contre façons de grandes marques de prêt-à-porter. Il semble qu’ici on ne fasse que peu de cas des lois européennes sur la protection des marques.
Mais quelque chose de bien plus étonnant a attiré notre attention hier soir dans les rues commerçantes :
De très belles bijouteries, magasins de vêtements, d’optiques et de parfumeries exposent dans leurs vitrines les produits à la mode des grandes marques de luxe. A quelques mètres d’elles sur les mêmes trottoirs, d’autres boutiques proposent les mêmes articles en contre façon. Dans les deux cas les prix sont bien lisibles en vitrines et cette concurrence inenvisageable dans notre pays ne semble pas leur porter de préjudice réciproque, chacun semblant se satisfaire de sa propre clientèle. On est loin des contrôles de notre DGCCRF.
 
Nous avons cédé au chant des sirènes en entrant dans une boutique tenue par un chinois et dont les articles proposés en devanture ne laisse aucun doute sur la provenance de fabrication.
A l’intérieur une collection impressionnante de jeans de contre façon dans les plus grandes marques. La qualité de ces copies est impressionnante à tel point qu’Agnès dans sa spontanéité légendaire va même demander au supposé patron s’il s’agit de copies ou de « déstockages » !!!
Je suis certain que comme moi vous vous attendiez à la même réponse qui nous est faite dans un anglais citronné aussi incompréhensible que le petit livre rouge : « I dont understand » Après plusieurs essais infructueux, je conseille à Agnès d’abandonner un combat perdu d’avance et de garder quelques forces pour la bataille finale.
Après avoir essayé la moitié du magasin Pacôme et Baptiste déposent sur le comptoir une pile conséquente de jeans. Il va falloir maintenant négocier ferme et il faut bien avouer qu’avec les asiatiques nous partons avec un handicap conséquent. Heureusement la chance va nous sourire. Il semble que les commerçants crétois n’apprécient que moyennement la présence de cette communauté dans leur pré carré. Amusés de nous voir discuter ferme avec le vendeur, un puis deux puis trois commerçants traversent la petite rue pour nous venir polluer les arguments et la défense du soleil levant. La machine à calculer passe de mains en mains, les chiffres commencent à sérieusement baisser au grand bonheur de notre argentière et le teint de notre adversaire du jour commence à virer au rouge ce qui au final me parait tout à fait logique. Les grecs sont hilares, car l’asiatique commence à y perdre son latin et ce petit jeu semble être la distraction de la soirée. Nous saisissons le message et une première fausse sortie du magasin a pour effet immédiat de le faire virer au blanc. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, il nous faut maintenant conclure en proposant un dernier prix.
Je reprends en main la calculette dont les cristaux sont aussi liquides que le front du chinois et je lui indique notre « last price ». Le chiffre inscrit n’a pas l’air de l’amuser outre mesure et un flot de remerciements siffle entre ses dents à l’attention des troublions crétois qui en profitent pour quitter le magasin. Nous leur emboîtons le pas jusqu’au moment ou le « vermisseau » nous rattrape en acceptant notre offre.
Bingo !!!! On vient de se faire avoir un petit peu moins que prévu !!!!!
Dans un sourire comme seul savent les faire les asiatiques lorsqu’ils marchent sur un clou, il nous tend notre paquet en échange de nos misérables euros.
Pour fêter notre victoire officieuse dans ce « France – Chine », rien de tel que de bonnes pittas dans un restaurant du port. A deux euros cinquante la double pittas, il y a des soirs ou l’on se passe facilement de faire la cuisine.
Et comme le disait si bien un poète Polynésien : Quand le « mao » rit, tu es sur la bonne île.
 
Nous avons décidé de nous poser quelques jours à Rethimnon tant la vie y est agréable et paisible en cette saison pour une ville de vingt cinq mille habitants.
 
Demain au programme de la journée : lavage des coques du bateau, essai de l’alternateur  et pour Baptiste : rendez vous à vingt heures pour s’entraîner avec l’équipe de Rethimnon que nous avons vu jouer la veille dans le grand stade et dont le coach a spontanément accepté qu’il participe à leur entraînement.
 
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