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Agnès, Pacôme, Baptiste et Jean Jacques........ une année de liberté et de découvertes

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HERAKLION LE PIEGE !!!

Heraklion rime avec piège à couillons. Nous allons en faire l'expérience.

Ayant quitté le calme, accueillant et confortable port de Rethimnon, nous effectuons une traversée de presque quarante milles avec vingt noeuds de vent au portant sous génois et grand voile à presque huit noeuds de moyenne, nous arrivons dans l'immense avant port d'Heraklion. Sur notre gauche des quais de débarquement ou un petit nombre de cargos s'afférent à charger ou décharger leur cargaison. L'activité semble tourner au ralenti en cette saison. Plus nous avançons et plus nous constatons que les vingt noeuds de Nord Est provoquent une houle importante dans l'avant port. Contre le brise lame Ouest ou nous envisageons d'accoster si le port de plaisance est complet, deux bateaux de pêches font la danse au bout de leurs amarres et nous comprenons bien vite qu'il nous sera tout à fait impossible d'y rester.

Nous avançons dans le port jusqu'à l'entrée du port vénitien, le port est minuscule et il semble complet. Une fois à l'intérieur de cet abri très relatif nous entrevoyons une place sur un ponton flottant. A peine nous en approchons nous qu'un indigène de roquet sort de son "promène blondes" pour nous signifier que nous ne pouvons nous mettre sur ce ponton, que notre bateau et trop long, trop large, trop lourd et certainement trop joli par rapport à son "mouille cul". Devant les amabilités et les gesticulations sans équivoque de notre Heraklionnard, nous décidons de ressortir du port pour essayer de mouiller devant les autorités maritimes. Là trois petits yachts sont au mouillage sur coffres et ancres, ils tanguent et roulent dan tous les sens et une prise de coffre pendant quelques minutes nous permet d'imaginer facilement la nuit que nous allons passer si nous restons là. Deuxième départ, deuxième tentative avortée. A quelques mètres nous entrevoyons une possibilité de pouvoir nous amarrer sur un bout de quai dans le prolongement de l'entrée du port Vénitien. Même si la houle reste encore forte, la place apparaît plus confortable. Nous nous amarrons en essayant tant bien que mal de protéger Umiak-Mantagua des énormes pneus qui auront vite raison de notre nettoyage de la veille. Pendant qu'Agnès se rend aux autorités pour demander si nous pouvons rester à cette place pour la nuit et si nous pouvons nous raccorder au réseau électrique, nous commençons avec Pacôme à sécuriser et assouplir nos amarres. Nos nouveaux ressorts ajoutés aux amortisseurs caoutchouc nous donnent assez de souplesse pour encaisser la houle sans faire forcer nos taquets.
Agnès revient le sourire aux lèvres, nous pouvons rester là pour la nuit et nous pouvons acheter une carte pour les bornes électriques. A peine avons nous fini de protéger le bateau du mieux possible que nous voyons arriver devant nous un bateau des recherches en mer qui nous intime l'ordre de libérer la place immédiatement. Une brève discussion stérile et nous voila obligé de tout redéfaire à la hâte car la prou de leur navire n'est qu'à quelques centimètres de notre pacifique multicoques. Retour à la case départ !!!

Comme il est hors de question de rester dans cet avant port aussi accueillant qu'une maison de retraite à Tchernobyl, je décide de retourner dans le petit port, quitte à en découdre avec le roquet qui doit certainement observer le manège depuis sa tanière.
Bonne surprise quand nous commençons à nous approcher du ponton flottant, le roquet à laissé la place à un Pakistanais qui a entrepris de nettoyer avec l'énergie du désespoir son annexe qui trône béatement sur le ponton. Comme ce sympathique Monsieur Propre a l'air d'avoir manqué le premier épisode, nous n'hésitons pas à lui envoyer une amarre. Gagné, il nous la renvoi avec un large sourire qui persuade que le compte n'y est pas: Mais ou sont passées les autres dents ???? Pas le temps de l'aider à chercher, il faut prendre place avant que ne revienne le sympathique moulin à vent. A peine avons nous pris la pendille salvatrice qu’il réapparaît au bout du quai. Debout à la barre je le fixe sans dire un mot pour bien lui montrer que son avis m'importe peu. Pour arrondir les angles Agnès lui indique que nous avons l'accord des autorités, vrai faux mensonge !!! Je devine qu'il doit bouillir intérieurement et son téléphone collé à l'oreille porte à croire qu'il doit cherche de l'aide pour nous faire déguerpir. Pour créer une diversion je lui demande avec mon plus grand sourire de façade s'il est le propriétaire du bateau. Touché, il me répond que non, cet aveu semble l'avoir déstabilisé et quelques instants plus tard il m'affirme avec un aplomb qui frise le ridicule qu'il ne voit aucun inconvenant à notre présence, mais que la place est réservée à un bateau qui doit bientôt rentrer. Mensonge éhonté car le bateau coté de nous a pris les deux pendilles du bout de quai, démontrant qu'aucun autre bateau ne s'amarre pour le moment en bout de ponton. Bien décidé à ne plus bouger pour la nuit nous effectuons un repli stratégique dans le carré et nous jetons sur les Pittas que Baptiste était parti chercher en ville.




A huit heures du matin je vois devant le bateau un grand bonhomme qui me fait signe de venir le voir. C'est le gestionnaire du nouveau ponton et il m'indique que je dois aller à l'extérieur car notre bateau risque d'endommager son ponton tout neuf. Bien décidé à ne rien lâcher, je lui démontre par a+b que notre bateau n'est ni plus long ni plus lourd que quelques bateaux qui sont sur ce ponton. Je lui montre aussi que nous avons assuré le bateau avec l'une des deux pendilles du voisin et que le bateau ne peut en aucun cas toucher, pousser ou endommager le ponton comme il cherche à me le faire croire. Je lui dit que nous allons partir rapidement sans pour autant préciser le jour et l'heure. Si un bateau revient nous seront toujours à temps de jeter l'ancre au milieu du port.

Une fois débarrassé provisoirement de notre bonhomme, nous tirons les rideaux du carré et fermons à clef le bateau afin de pouvoir en toute tranquillité aller visiter le site de Knossos. Nous à "Umiak" le soin de négocier si nécessaire en notre absence.

Nous voila déposé devant l'entrée de l'ancien palais par un sympathique taxi local et une fois nos deux billets payants achetés (les enfants et les étudiants ne payent aucune entrée en Grèce) nous pénétrons dans ce qui nous apparaît à première vue comme un champ de ruines remodelé par les staffeurs d'Eurodisney. Les seules présences à l'intérieur de l'enceinte sont celles des guides en mal de clients, d'un pale représentant de la race canine et de quelques chats mal nourris.




Heureusement que nous avons en main le Lonely Planet et le National Géographic de la Crète pour nous éclairer sur ce puzzle rocailleux car il faut quand même faire un sérieux effort d'imagination pour interpréter les ruines exposées à nos yeux étonnés et les explications données sur les petits anneaux écrits en anglais.



Il est dit que l'archéologue Sir Evans a consacré une grande partie de sa vie et de sa fortune à essayer de reconstruire le palais royal. Ces interprétations osées entretiennent encore aujourd'hui la polémique. Bien incapable de porter un jugement de fond sur ce qui nous est montré, je me bornerais à seulement regretter que n'aient pas été conservé sur place plus d'objets et autres vestiges retrouvés lors des fouilles. La quasi totalité des pièces mises à jour a été transféré au musée archéologique de la ville et comme il est actuellement fermé pour travaux de rénovation, impossible de faire le lien entre le subjectif et la réalité : Le principal centre d’intérêt de la ville nous restera inconnu.

La ville et ses quelques curiosités mentionnées dans nos guides n’ont pas grand intérêt non plus. Pas de quoi retenir un touriste plus de quelques heures. Avant de regagner le bateau, Agnès en profite pour acheter deux cd classiques soldés dans un Virgin méga store dont on se demande bien ce qu’il fait là, avec ces gondoles aussi bien achalandées qu’une alimentation afghane.


C’est décidé, demain à la première heure, nous levons le camp.
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