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Agnès, Pacôme, Baptiste et Jean Jacques........ une année de liberté et de découvertes

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D'AY NIKOLAOS A RHODES

En découvrant la marina d’Ay Nikolaos nous avons très vite ressentie une attirance pour cet endroit ou de nombreux plaisanciers élisent domicile pour passer l’hiver en toute quiétude.

Dés notre passage devant les feux d’entrée, deux membres du personnel de la marina viennent immédiatement nous aider à prendre les pendilles installées sur les pontons flottants. De larges sourires et paroles amicales ont tôt fait de nous mettre en confiance. Agnès se rend immédiatement au bureau de la marina ou l’attend une charmante hôtesse qui lui dit très gentiment : « Vous verrez vous serez bien chez nous ». Après lui avoir longuement expliqué le fonctionnement de la marina, elle lui indique également que moyennant un forfait de 5 euros elle peut avoir accès à la laverie et faire autant de machines quelle souhaite.
Que demander de plus quand au final on vous annonce un tarif de 15 euros par jour pour notre catamaran.

Après avoir raccordé l’eau, l’électricité de quai et branché le wifi gratuit qui nous assure une connection internet en haut débit, les garçons décident de partir en annexe pour plonger devant la petite île située à seulement quelques milles de là.

La marina d’Ay Nikolaos est extrêmement bien protégée, les infrastructures remarquables et le bassin de navigation dans la baie de Maramello est absolument superbe. On comprend mieux l’intérêt qu’elle suscite auprès de nombreux navigateurs. Nous voici donc installé pour quelques jours, entourés de voisins anglais et allemands qui restent ici pour passer l’hiver.

Le soir une première promenade autour du petit lac, situé en plein centre ville derrière le port vénitien, contribue un peu plus au charme qui se dégage naturellement de cette ville.
Ce soir pas de Pittas !!!! A seulement quelques mètres de la marina, nous dégusterons de sublimes pizzas à la crème, cuites au feu de bois et digne des meilleurs pizzaïolo italiens.

Le lendemain matin, alors que nous commençons à peine à apprécier le ciel bleu et la température printanière de l’endroit, je commence à consulter grâce à Internet les météos pour les prochains jours. Il nous faut arriver à Rhodes en fin de semaine au plus tard pour récupérer ma belle sœur à l’avion et les prévisions qui comment à s’afficher sur tous les sites consultés, sont très mauvaises en fin de semaine. Deux dépressions venant par le sud sont annoncées à seulement deux jours d’intervalle l’une de l’autre. Quand on connaît la complexité pour établir des prévisions météo fiables et précises dans ces régions, vous comprendrez vite mon embarras. Si nous partons en fin de matinée nous avons toutes chances de rejoindre Rhodes avant l’arrivée de la première dépression. Vingt quatre heures de navigation non stop nous permettrons de garder une confortable marge de sécurité.

Au grand désarroi du reste de la famille, ma décision est prise, nous partons immédiatement pour Rhodes. Le ravitaillement et le linge à laver attendront bien un peu. En un temps record nous larguons les amarres sous les yeux ébahis de nos voisins qui s’attendaient à nous voir rester plusieurs jours, nous quittons sous voiles le port d’Ay Nikolaos, bien décidés à y revenir prochainement pour effacer cette grande frustration.

En début d’après midi, un vent d’Ouest nous pousse à plus de sept nœuds vers Rhodes. Nous profitons des derniers rayons de soleil sur l’horizon et vers dix sept heures le soleil disparaît définitivement derrière de lointains nuages, nous préparant à notre plus longue nuit de navigation, soit quatorze heures de navigation dans une nuit aussi noire que l’encre des poulpes de Spinalonga.

Quel plaisir de pouvoir porter notre grand Genaker dans la brise bien établie et glisser, à plus de huit nœuds, comme sur un rail sur cette petite houle du large.



Ces conditions optimales dureront une bonne partie de la nuit et nous traverserons en toute quiétude les détroits de Kasos et surtout de Karpathos, réputé pour ses fréquentes « grosses mers », résultat d’une importante remontée des fonds au sud de Rhodes qui lève une mer croisée dangereuse.

Vers sept heures du matin un timide soleil nous permet de raser les petites îles de Khalki et Alimia.


Quelques fermes marines y sont installées mais seule Khalki est encore habitée par une petite poignée « d’irréductibles ». Nous sentons que la civilisation est toute proche car de nombreux sacs plastic dérivent à la surface de l’eau et par deux fois nos « Rapalas » nous procurerons de fausses joies. Pour endiguer ce fléau grandissant, il faudra bien un jour que soient prises des décisions courageuses, mais est ce vraiment une priorité ?

Le fort Saint Nicolas (qui défendait autrefois l’accès nord de la cité des chevaliers) nous signale l’entrée du port de Mandraki et c’est en imaginant passer sous le célèbre colosse que nous y pénétrons avec en toile de fond la vieille ville fortifiée classée au patrimoine mondial par l’Unesco.


Le colosse de Rhodes, Légende ou réalité ?

Nul ne le saura jamais car aucun vestige ne vient confirmer ou infirmer les récits des voyageurs de l’antiquité..
La légende prétend qu’il enjambait le port de Mandraki.
La statue fut construite pour commémorer la victoire des Rhodaniens sur Démétrios premier après un très long siège. Elle mesurait trente deux mètres de haut. En 227 avant Jésus Christ un séisme renversa la statue et ses vestiges restèrent sur la côte pendant plus de 800 ans. C’est en l’an 654 que les sarrasins après avoir envahi l’île vendirent les fragments du colosse à un riche marchand juif. Les vestiges furent convoyés par bateau en Syrie et plus d’un millier de chameaux furent chargés d’effectuer le transport jusqu’à la destination finale.

La polémique qui consiste à mettre en doute le fait que la statue enjambait le port n’a pas de fondement technique, car il faut se rappeler qu’à cette époque les bateaux étaient très petits et dans la plus part des cas les entrées aux ports s’effectuaient à la rame, voiles et mats baissés. Même en restant mâté, un bateau de l’époque aurait facilement pu passer entre les jambes d’une statue de plus de trente mètre de haut.

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