Agnès, Pacôme, Baptiste et Jean Jacques........ une année de liberté et de découvertes
Le soleil est encore bas sur Tawila Island lorsque la barque de pêcheurs qui a passé la nuit à nos côtés, lève l’ancre pour une nouvelle journée de travail. Un des hommes s’installe sur la bôme pour repérer d’en haut les bancs de calamars qui nagent à la surface de l’eau. Pendant presque une heure, je vais les voir cercler à faible allure dans la baie. En vain…. pas de bancs de calamars ce matin à l’horizon.
Pendant que Pacôme revisite à sa façon le célèbre "Tube" de la danse des canards…………
et que le reste de la bande fait trempette au dessus d’une colonie d’oursins géants, je pars seul de mon côté pour visiter l’île pour y faire sans aucun doute, les plus beaux clichés de la journée.
Tawila est une île déserte ou la végétation est quasi inexistante. Pas d’eau, du vent en surabondance, un soleil destructeur, tous les ingrédients sont réunis pour dissuader le plus courageux des Robinson. Une ancienne construction témoigne encore de l’hostilité naturelle du lieu.
Nous avons mouillé volontairement au sud de l’île, bien mieux protégé du vent dominant que les autres criques qui entourent Tawila.
Au nord, celles-ci donnent directement sur un « parc naturel » qui n’a rien d’un parc de loisirs, mais qui est aussi effrayant que celui du célèbre « Jurassic » : Derrick Parc Avenue !!!!
Plateformes pétrolières rassemblées à quelques milles en village champignon pour le plus grand plaisir des côtes nord de nos chères îles. J’avais commencé la journée en compagnie du docteur Jekyll, c’est au tour de Mister Hyde d’entrer en scène.
Et voila le résultat !!! Dans la même crique, le terrible mélange de beauté et d’atrocité. La civilisation dans toute sa bêtise la plus destructrice, transportée puis déposée par les vents, les courants, et les marées.
Vue la dimension de ce petit cailloux sans défense, c'est une véritable mini marée noire à répétition qui se perpétue avec la bénédiction des organismes de défense de l’environnement.
Si la chanson des Martin Circus à fait un énorme « Tube » dans les années 70, les « Tubes » de Tawila Island se révèlent être tous d’énormes bides, pire: de véritables crimes de lèse majesté, spectacle encore plus affligeant et insupportable que le tristement célèbre concours de l'Eurovision !!!
Impuissante à chasser l’envahisseur, la rare végétation de l’île sert de « garde plastic » Bref.......au niveau des emballages, du trés trés mauvais Cristo !!!
L’île se transforme en station de récupération en tous genres sous le regard complaisant du Dieu-Pharaon local « Toutenplastoc » dont le masque funéraire deviendra peut-être dans les années à venir aussi célèbre et aussi visité que celui de son illustre cousin du Caire.
Le temps de dénicher la cassette pirate du groupe local, et nous préférons lever le camp pour rejoindre la marina d’ Hurghada, car la météo signale une forte dégradation du temps pour demain.
La descente vers Hurghada s’effectue avec seulement nos voiles d’avant mise en ciseaux, faute d’avoir emporté notre spi (gain de place oblige). Nous avons constaté que par vent arrière la grand voile déventait énormément notre Genaker et qu’il fallait mieux ne pas la mettre dans le petit temps.
Pour saluer notre passage un groupe de dauphins se fait un plaisir de venir jouer pendant de longues minutes avec nos étraves. Dessus, dessous, sur le côté, bref dans toutes les positions ils semblent répondre aux sollicitations d’Agnès qui s’est installée sur l’étrave tribord et joue des percussions sur la coque avec ses petites mains fragiles.
Après le festival des dauphins, c’est au tour de nos trés chers amis lesThons de faire leur entrée en piste.
Première touche du chef de la bande qui emporte notre Rapalas pendant que Pacôme essaye en vain de serrer le frein de notre plus gros moulinet. Résultat Pacôme se retrouve projeté en arrière et attéri quelques mètres plus loin, sur les fesses avec une canne vide entre les mains. Le match de la journée commence mal. Thon 1 - Umiak 0
Mais quelques instants plus tard, l’autre ligne se met à siffler et c’est un joli petit thon rouge qui vient rejoindre ses copains dans le congélateur du bateau qui commence à nous demander grâce.
Nous avons utilisé une nouvelle technique, une fois le thon remonté à bord : Celle du dernier verre du condamné.
Peu enclin à sacrifier nos chères bouteilles d’alcool, une petite bouteille d’ouzo, abandonnée depuis la Grèce et cachée dans la réserve par son grand cousin de Marseille, va nous permettre d’abréger les souffrances de nos nouvelles prises et de leur faire goûter au fruit défendu.
Les rapalas d’Umiak commencent à faire des envieux. Six petits thons en trois jours, le score est tout à fait acceptable. Calme plat chez les Lumiel. Aujourd’hui c’est plutot, « nous on préserve la couche de Thons »
Le deuxième congénère de la journée se verra proposé lui aussi une bonne rasade de cet excellent Ouzo, avant de plonger, l'haleine anisée, définitivement dans les bras de morphée.
Voilé à l’extrême pour la circonstance, le soleil s’est mis en tenue de cérémonie.