ATHENES – MARINA FALIRON
Lorsque nous avons quitté Zea Marina pour essayer de trouver une marina proposant un prix raisonnable et compatible avec le budget maximum que nous nous sommes fixé, nous ne pensions pas pouvoir trouver à seulement deux milles nautiques de Zea Marina, un quai entièrement gratuit, dans une marina très bien abritée de la majorité des vents, avec de l’eau gratuite trois fois par semaine et surtout à deux minutes à pied du bateau : le tramway, les bus, le boulevard El Venezelou avec sa multitudes de commerces et sa ligne directe de tramway pour le centre d’Athènes et surtout pour Baptiste et moi, le stade d’Olympiakos sous les yeux. L’ensemble des stades et infrastructures des jeux Olympiques de 2004 sont concentrés tout autour du quartier Faliron.
C’est en voyant un quai quasiment désert à l’entrée de la marina de Faliron que nous avons décidé de nous approcher puis, voyant deux bateaux à quai, de nous amarrer. Le propriétaire d’un Amel Maramu, vient spontanément nous attraper les amarres et dans un bon français, il commence à nous expliquer tous les avantages de cette place entièrement gratuite.

Horst, est Allemand d’origine, il vit sur une petite île au nord de Liverpool et il voyage depuis presque deux ans en méditerranée après avoir ramené son bateau acheté aux états unis. Il parle couramment six langues (dont le Grec) et autant de dialectes. Sa femme vient le rejoindre de temps en temps pour un court séjour puis repart en Angleterre, et cette situation semble lui convenir.
Nous allons passer en sa compagnie des moments agréables et lors d’un apéritif mémorable à bord d’Umiak, nous l’écouterons religieusement nous raconter une partie de sa vie passionnante.
Nous ne pensions pas pouvoir séjourner à Athènes à moindre frais et la gratuité de notre place au port va nous permettre de rattraper une bonne partie du dépassement de budget du mois d’Octobre.
Le temps est extrêmement changeant autour de cette ville ultra polluée. Nous passons du soleil à une fine pluie de quelques heures et cela régulièrement. La nuit il pleut la majorité du temps et le matin nous avons droit à un ciel ensoleillé puis très vite voilé à la fois par les nuages de chaleur et la pollution.
Le lendemain de notre arrivée partons en expédition dans le centre d’Athènes pour visiter la ville. Comme le Grec est absolument impossible à lire nous devons nous en remettre à la gentillesse des athéniens pour trouver la bonne ligne de bus, puis de tramway, pour enfin arriver dans le cœur de la vieille cité.
Notre première visite sera réserver au fantastique musée national d’archéologie.

Comme vous pouvez le voir cela laisse de marbre les game boy boys !!! Cela nous console un peu car on a les mêmes à la maison !!!!

Nous y passerons plus de quatre heures et ce sont les plaintes répétées de nos estomacs qui nous pousserons à regret vers la sortie, à la recherche des meilleures « Pitta » de la ville.
Nous les trouverons dans un petit restaurant du quartier de Plaka. Bien rempli et fréquenté uniquement par les commerçants locaux et habitants du quartier, une petit quelque chose nous disait qu’il fallait s’aventurer à l’intérieur. Les assiettes que nous avons pu voir sur les tables ont vite fait de nous convaincre de ne pas chercher plus loin ce qui nous tendait les bras.
La récompense fut à la hauteur de nos espérances. Comment vous décrire le plaisir d’un repas succulent à seulement 1,60 euros par personne!! Les chaînes de Fast Food Américaines sont battues à plate couture sur tous les points. Pour tout dire les boissons sont plus chères que la nourriture : 2 euros la bouteille de « coca zéro » de 50 centilitres !!!!
Pitta au poulet, puis Pitta au porc, comme des morts de faim nous avons, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, englouti de quoi rassasier un « Sumotori ».
Notre digestion s’effectuera dans le quartier de Plaka, au pied de l’acropole, puis après un tré long moment de « lèche vitrines », nous irons assister à un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte : la relève de la garde au palais royal qui abrite le parlement depuis 1935.

Un grand moment de fou rire contenu devant ce génial spectacle comico-militaire. Les grecs ont très certainement un grand respect de la tradition mais aussi un sens aiguisé de l’humour car continuer à perpétuer cette « mise en scène » on ne peux plus « décalée » et le signe d’une grande ouverture d’esprit et d’auto dérision.
Il faut quand même avoir le plus grand respect pour ces jeunes soldats qui arrivent (comme leur homologues anglais devant le palais de Birmingham) à rester impassibles pendant les soixante longues minutes qui les séparent de la relève suivante. Et pourtant, les stratagèmes les plus divers sont employés quotidiennement par ces centaines de touristes dont le seul rêve et de les voir craquer.
Apparemment, rien n’y fait: Soit l’entraînement de nos jeunes ballerines et dispensé par des maîtres de Yoga ou peut être même par des transfuges Talibans, soit le tarif punitif d’un quelconque rictus constaté par le « fielleux adjudant » est terriblement dissuasif.
Nous en serons donc quitte nous aussi pour repartir bredouille, vexés de n’avoir pu assister au moindre atterrissage d’un quelconque insecte sur leur tête et susceptibles de réussir là ou des hordes de touristes ont échoué.

Le lendemain soir, dans le magnifique « temple du football » de l’Olympiakos du Pirée, nous assisterons à un superbe match de championnat, dans un stade comble et une ambiance inoubliable. Le professionnalisme est présent dans tous les secteurs et l’on comprend mieux la réussite et la richesse de ce club. Une véritable « petite ville de football » borde le stade. Les magasins tout autour du stade sont réservés aux sponsors du club, des bars et pubs gigantesques entièrement aux couleurs du club ou certains supporters préfèrent suivre la rencontre sur écran géant, des boutiques de souvenirs et articles logotés « Olympiakos », une banque réservée aux « socios » , bref du travail de grands professionnels.
On nous avait dit que l’Olympiakos du Pirée était un des clubs les plus riches au monde, la visite que nous ferons quelques jours plus tard de leur académie de Football nous en aura définitivement convaincu.
Les jours suivants seront malheureusement très pluvieux et nous en profiterons pour ranger, nettoyer le bateau et faire les vidanges moteurs, ce qui s’imposait après les longues sollicitations en Italie.
D’Athènes nous ne garderons pas un souvenir impérissable. La pollution de cette immense ville doit être encore plus insupportable en été. Et même si certains quartiers sont très animés et agréables, tous les quatre nous avons de loin préféré des grandes villes comme Rome ou Palerme.

Il était donc temps de quitter le quai de Faliron pour descendre dans les cyclades. Pour fêter notre départ, nous dégusterons le dernier soir les énormes et délicieuses Pitta du célèbre « Pitta du Papou ».