Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Agnès, Pacôme, Baptiste et Jean Jacques........ une année de liberté et de découvertes

Publicité

PHASELIS

Phaselis :

En observant d’un peu plus prés le profil d’Umiak j’ai pu me rendre compte que le farniente dont il jouissait depuis que nous avons décidé de faire une petite pause dans la marina de Finike avait des effets pervers sur sa pilosité.
M’étant habitué depuis le début de notre voyage à voir les coques de notre catamaran parfaitement imberbes, la vue de ces deux fines paires de moustaches vertes au raz de la ligne de flottaison sonnaient dans ma tête comme un appel à l’exercice. Il n’était pas question de laisser nos étraves s’embourgeoiser dans l’oisiveté de la douce température hivernale du ponton C.

Il faut aussi penser à sortir Baptiste de son bureau particulier et de ses terribles révisions du Cned.


De retour de France pour y passer le réveillon entre copains, Pacôme arrivait dans quelques jours à l’aéroport d’Antalya et l’occasion était parfaite pour nous y rendre en bateau afin de le récupérer.

Nos amis de « Lumiel » amarrés depuis quelques jours dans le port vénitien d’Antalya nous ont proposé de prendre Pacôme à bord et de faire une partie du chemin vers Finike.
Rendez vous était donc prit pour que les deux famille se retrouvent dans l’ancienne cité lycienne de Phaselis qui s’étend au milieu des pins maritimes et dont les trois baies étaient autrefois autant de ports dédiés au commerce de bois, d’essence de rose et de parfum.

Lors d’une précédente visite de la région nous avons eu l’occasion de visiter le site de Phalesis et l’idée nous est venue d’y organiser un dîner aux chandelles au milieu du théâtre hellénistique.


C’est donc décidé, si les gardiens du site ne nous font pas jeter en prison, nous aurons le privilège de profiter du lieu pour nous seuls. Et rien qu’à l’idée de déguster dans un tel décor les truites que nous venons d’acheter pour l’occasion au grand marché du samedi, nous avons hâte de sortir dégourdir un peu notre ami Genaker.

C’est sous le regard complice des neiges de Finike que nous quittons la marina pour effectuer les 35 milles qui nous séparent de Phalesis. La côte est vraiment sublime et nous en profitons pour faire du rase cailloux afin d’en profiter pleinement. De minuscules plages sauvages et inaccessibles par la route, ou les pins centenaires ont presque les pieds dans l’eau, se succèdent et semblent ne pas comprendre notre obstination à continuer notre route. Nous naviguons entre les îles désertes d’un côté et les immenses falaises colorées de l’autre. Le soleil illumine de temps à autre l’entrée des innombrables grottes qui défilent sous nos yeux et la tentation est grande de transformer cette simple étape de liaison en véritable chasse au trésor.

Plus tard dans la matinée nous ferons un petit crochet pour pénétrer dans le spectaculaire mouillage de Cineviz Limani. Les immenses falaises tombent à pic dans la mer et en pénétrant dans le fond de la crique. Nous sommes fascinés par le spectacle que nous offre la nature. Partout ou ils ont pu trouver une prise, des pins aux formes étranges, sculptées par le vent, essayent de s’étirer vers le soleil.


En nous approchant de Phalesis nous distinguons au loin un voilier qui fait route vers nous. Comme en cette saison les plaisanciers ne sont pas légion, nous pensons qu’il s’agit de Lumiel avec, nous l’espérons, Pacôme à bord.

Enfin d’après midi, nous sommes les premiers à mouiller par moins de deux mètres de fond dans la plus grande des trois baies, à quelques mètres seulement de la plage et des milliers de pins centenaires qui entourent les vestiges de cette ville endormie pour toujours.


Le soleil est entrain de glisser lentement derrière les montagnes enneigées invitant les derniers visiteurs à regagner le parking, lorsque nous voyons l’étrave du Feeling 44 entrer dans la baie pour venir mouiller un peu plus loin compte tenu de son important tirant d’eau.


C’est dans ces moments là que l’on apprécie réellement d’avoir un catamaran, capable « beacher » en toute sécurité.
Quelques photos plus tard, nous récupérons Pacôme et les deux équipages se préparent pour notre grande soirée.

Il fait nuit noire lorsque, armés jusqu'aux dents tels des pirates en mal de conquètes, nous ramons discrètement pour amarrer nos deux minuscules galions en peau de caoutchouc à ce qui fut autrefois un quai de débarquement pour les grosses unités.

 Les temps ont bien changé les techniques d'abordages aussi. Nos armes de digestions massives sont, à l'instar de celles de l'albatros Russe du ponton C, composées de nos meilleurs alcools Français et le panier d'apéritif que nous avons préparé pourra nous permettre de tenir un siège dans le cas ou nous serions repoussés par l'armée turque locale.

Apparement, plus discrète que celle du cheval de Troi, notre entrée dans la cité se fait sans reveiller les gardes ottomans et nous voila maintenant au beau milieu de ce haut lieu de la culture qui va être pour un soir le théatre de nos opérations
culinaires.

Le son et lumière sera remplacé ce soir par le saucisson et la bière.

En grand professionnels de l'apéritif, chacun s'active à sa tache et aprés quelques minutes  nous voila confortablement installés dans cet endroit magique sous un ciel étoilés sans nuage et sous la surveillance furtive et amusée des étoiles filantes.



Instants magiques et privilègiés c'est à la seule lumière des bougies pour plus de discrétion que nous  allons déguster le fruit défendu :  Le saucisson pur porc !!!!


Pari réussi, nous avons gagné notre diplome "d'envahisseur pas vu pas pris". Il est temps de retourner au bateau pour une bonne nuit de repos en attendant de pouvoir revisiter le site de jour comme de gentils touristes bien disciplinés que nous savons être de temps en temps.

Pendant qu'Umiak-Mantagua nous attend sagement au mouillage en contemplant le téléphérique qui vous emmene à plus de 2500 mètres, nous en profitons pour aller  redécouvrir la beauté du site de Phaselis.


L'avenue centrale permet lorsque l'on est au centre de l'agora d'avoir un point de vue sur les deux baies (Malheureusement il n'est pas possible de vous en donner un aperçu car à ce jour je n'ai pas trouver d'objectif permettant d'obtenir le champ de vision de la mouche)
De part et d’autre se tenaient autrefois des commerces, des bains, des lieux de culte et ce haut lieu du commerce devait être une véritable ruche. Le visiter aujourd'hui dans ce calme monacal force notre imaginaire.


Au bout de l'avenue et devant l'acqueduc romain, le port militaire n'est pas bien grand et l'on prend conscience de la petite taille des embarcations de l'époque.
La passe mesure un peu moins de sept mètres de large et le tirant d'eau ne dépasse pas deux mètres. Autant dire que vouloir y pénétrer avec notre bateau relève du pur fantasme.


On pourrait facilement passer plusieurs jours dans cet endroit idyllique, mais nous avons à préparer notre prochain périple en Cappadoce, et il nous faut lever l'ancre en milieu de journée si nous voulons être de retour à Finike avant la nuit.

Le trajet retour nous permettra de naviguer avec en point de mire le soleil couchant qui irradie la côte. Les dégradés de rouge, de bleu et de gris sont absolument uniques et les contrastes, comme seul les paysages de mer sont capables de vous offrir, sont dignes des meilleures peintures de Turner.


Dans les tous prochains jours un autre grand moment nous attend. La découverte sous la neige de la Cappadoce, région mythique s'il en est une.

Plus de six cent kilomètres en bus sur des routes enneigées pour avoir le privilège d'un spectacle à vous couper le souffle.
Cela vaut bien quelques sacrifices et quelques souffrances pour nos postérieurs, habitués à plus de confort.

Mais cela est déjà une autre histoire !!!





Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Bravo pour votre site.Je me suis retrouvé sur ce site magnifique qui m'a tellement marqué que j'en ai fait un bouquin ( les parfums de Phaselis)Comme je navigue pas mal aussi, peut être à bientot sur l'eau.Cordialement
Répondre
J
<br /> Jean Pierre,<br /> <br /> merci pour tes remarques.<br /> En ce moment je travaille à la rédaction du livre de voyage.<br /> Bien amicalement,<br /> Jean-Jacques.<br /> <br /> <br />