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Agnès, Pacôme, Baptiste et Jean Jacques........ une année de liberté et de découvertes

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Alexandrie

Notre arrivée en fin d'après midi dans la « marina Montazah», située au pied des jardins du palais du même nom, nous a fait découvrir dans un premier temps découvrir l'univers de l'infiniment grand du luxe et démesure. Offense directe à un peuple trop souvent et trop longtemps opprimé.


Puis immédiatement, quelques mètres plus bas, comme pour faire un pied de nez au faste ostentatoire d'une époque heureusement révolue, nous avons pénétré d'ans l'univers de l'infiniment petit et du minimaliste : La minuscule crique qui sert de « mini marina » à l'on ne sait quel plaisancier de passage.

Occupants privilégiés d'une marina qui n'en est pas une, ici moins de dix bateaux à moteurs cohabitent sur les quelques mètres carrés de ponton. De voiliers il n'y en avait point.

Minuscule et unique réplique de son illustre prédécesseur : Le phare d'entrée, fidèle bonzaï de l'original englouti à quelques milles seulement.


Minuscule: La hauteur d'eau le long du frêle ponton en bois, équipé malgré tout de trois bornes distribuant eau et électricité. Véritables quillards, passez votre chemin.


Et pour ne rien vous cacher,
Minuscule : La protection en cas de coup de vent du Nord. Une étrange ouverture dans le brise lame, n'est pas sans me faire craindre le pire lors de gros coups de vents de secteur nord. Mais selon les autochtones : Inchallah..... No problem !!!
Il suffit de le croire.

Les quelques rares marins qui traînent sur l'unique et respectable ponton sont tous très

sympathiques et semblent heureux de notre arrivée. L'un d'eux, pilote un Trawler Lagoon, et va même me chercher en courant le catalogue du dernier « Hybride » pour me montrer son niveau de connaissance des multicoques.

Difficile donc de conseiller à quiconque cet ersatz de marina pour tous les bateaux ayant un tirant d'eau supérieur à 180 cm, même si en son milieu, les trois mètres sont atteint sans problème.

Mais le côté kitch de l'endroit vaut bien le détour, même si l'on peut qualifier ce mouillage de « solution de dernier recours » en cas de coup de vent.
Si vous avez la chance de croiser par là et que la météo soit annoncée bonne sur plusieurs jours, alors prenez le temps de découvrir une nouveauté égyptienne : La Kitch Marina.

Derrière nous, le pont des amoureux nous relie à la civilisation et à l'interminable front de mer qui s'étale sur presque vingt kilomètres.


Nous avons décidé de rester plusieurs jours à Alexandrie et pour mieux profiter du centre ville très animé, situé à quelques pas de l'ancien port oriental. Il était donc préférable de trouver un hôtel dans ce quartier afin de ne pas être confrontés en permanence aux incroyables embouteillages de cette ville en perpétuels travaux de voiries.

Pour choisir notre hôtel, les bons tuyaux du « Lonely planet » vont encore se révéler conformes à la réalité (nous avons testé plusieurs guides dans les différents pays visités et si nous avions à n'en choisir qu'un seul, ce serait sans aucun doute le Lonely Planet bien plus complet et précis que ces concurrents).

Le Crillon : Gage de qualité par la simple signature commune de son illustre cousin de la place la plus égyptienne qui soit : celle de La Concorde.

Au diable la varice........ nous gravissons dignement les escaliers de marbre du prestigieux immeuble. Du haut de six vénérables étages il surplombe l'imposante baie qui avait su immédiatement séduire le grand Alexandre.
Au dessus de nos yeux envoûtés par le poids de l'histoire, les étoiles de la renommée crépitent, au rythme syncopé des aléas électriques, pour bien nous rappeler que nous sommes à des milliers de kilomètres de la ville lumière et de sa célèbre obélisque.
Mais qu'importe le Crillon pourvu qu'on ait l'ivresse....


Ici le personnel est sans aucun doute aussi attentionné que celui du palace parisien et le patron vous accueille comme si vous étiez un fidèle client venu vous ressourcer dans cette ville que vous n'arrivez pas à quitter définitivement.
Comme pour mieux nous séduire, nous aurons droit aux honneurs de la suite royale, bien pratique pour nous loger tous les cinq (Pacôme ayant depuis quelques temps adopté un petit Vaio à l'écran bridé, qu'il a bien du mal à quitter des yeux).

 




Les centaines d'excellents ouvrages qui racontent l'histoire de cette ville au faste englouti avec le phare qui contribua à sa renommée au cours des siècles, méritent toute l'attention des lecteurs férus d'histoire et de politique au sens le plus littéral.
N'ayant pas la prétention de vouloir en quelques lignes vous décrire tant de contrastes, de beautés, de mystères, de témoignages encore visibles, mais aussi d'un élan de modernisme insufflé par la nouvelle bibliothèque, je serais simplement satisfait si les quelques lignes et photos qui vont suivre, vous donnent l'envie de connaître un peu plus la
fabuleuse histoire de l'ancienne capitale qui avait si bien su asseoir durant des générations, sa suprématie en méditerranée.

Le musée National d'Alexandrie, est installé depuis peu dans une merveilleuse villa de style italien magnifiquement restaurée, il retrace à merveille l'histoire de la ville au travers des différentes époques qui ont contribuées à sa grandeur.


Le choix judicieux et l'intelligente mise en scène des pièces présentées témoignent de cet effort constant pour faire revivre ce glorieux passé.
 
 

 

Lorsque les milliers de pièces, accumulées depuis tant d'années dans ce grand capharnaüm , auront trouvé place dans le nouvel espace, le musée Gréco-Romain, en cours de restauration actuellement, sera lui aussi à n'en pas douter un autre lieu incontournable de témoignages.

Autre rappel de la folie plus ressente des hommes de pouvoir: Le musée des bijoux royaux, présenté dans une des anciennes demeures royales, témoigne de l'extravagance, la démesure et pour finir de la décadence du roi Farouk ; le dernier monarque égyptien.

Faisant face à la mer pour mieux montrer son envie de capter l'attention, l'entrée de la nouvelle bibliothèque d'Alexandrie témoigne de cette volonté de retrouver les fastes d'antan.

 

Fenêtre sur le monde moderne et sur l'Egypte, elle est devenu rapidement un haut lieu de la culture internationale.


Le cabinet d'architectes Norvégiens sélectionné parmi des centaines d'appels d'offres a su réaliser un ouvrage digne de son prestigieux et illustre prédécesseur.


Etudiants et visiteurs du monde entier viennent dans ce temple de la culture pour retracer l'histoire et en faire la nouvelle, au moyen des nouvelles technologies mises à disposition.

Etranges mais porteurs d'espoir que ces symboles à priori antinomiques du voile et de l'ouverture sur le monde.





D'un simple clic sur internet (www. Bibalex.org) vous accédez gratuitement comme si vous étiez sur place, à l'ensemble des documents, informations, sites internet, et numérisation des milliers d'ouvrages regroupés dans ce joyau du monde moderne qui traduit si bien l'universalité de la culture.
Les temples de l'antique Egypte ont laissés la place aux temples de la connaissance et de la communication, seuls susceptibles de pouvoir influer positivement sur le rapprochement entre les peuples et les générations.


Alexandrie restée longtemps dans l'ombre de la tentaculaire capitale Cairote a décidé de prendre en main son nouveau destin avec comme chalenge ambitieux à l'équilibre précaire:

L'ouverture sur le monde dans le respect de la tradition musulmane.



Seul le temps pourra ou non valider la réussite de ce pari qui pourrait paraître insensé à beaucoup d'entre nous. Mais le peuple égyptien a montré par le passé qu'il était capable de réaliser l'impensable, à la condition de ne pas perdre son âme en pactisant avec le diable.

  

Ville doublement portuaire, Alexandrie ressemble en de nombreux points à Marseille.
Le port Occidental rappelle l'activité malheureusement révolue du port autonome, et le port Oriental (qu'Alexandre le Grand a su immédiatement percevoir comme un don de dieu) a le charme de notre illustre vieux port.

Après quelques jours de promenades dans les rues ou les immeubles de la belle époque portent encore les stigmates de la guerre avec Israël, seules deux alternatives s'offrent à vous :

- Soit vous détestez la ville au même titre qu'un titi parisien qui ne pense qu'à fuir les quartiers nord, la canebière, et le vieux port.


- Soit vous vous laissez envoûter par l'atmosphère et au charme évident de cette capitale du jeu de dominos où plane encore le fantôme d'Alexandre, comme plane sur le vieux port l'accent de Marius dans la célèbre partie de manille.


En cherchant bien vous pourrez même dénicher la copie locale du non moins célèbre atelier de Maître Panisse. Version somme toute basique de nos si chers Shipchandlers.
Et en ce qui concerne la manille, il faut bien se rendre à l'évidence, ici c'est du sérieux.

Amoureux de Massilia, nous avons aussi succombé au charme d'Alexandria.
Nous espérons sincèrement qu'il ne s'agit que d'un au revoir.

 

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