Lundi 24 Septembre :
Afin de permettre à Baptiste de préparer ses contrôles à envoyer au CNED, nous sommes restés à Miseno. Pendant qu’il travaillait pour rendre ses contrôles, nous avons fait un peu d’entretien sur le bateau : Nettoyage, pose des autocollants Mantagua à l’avant sur chaque coque ( pose que nous n’avions pas eu le temps de faire avant de partir) puis en fin de journée, une viré avec le bateau au port de Baia pour faire le plein de Gasoil et d’eau. En repartant nous effectuerons un crochet par Pozzuoli à la recherche d’un Internet café. Nous avons mouillé à l’extérieur du port et Agnès et Pacôme sont partis avec l’annexe pendant que je restais à bord et que Baptiste poursuivait son travail scolaire.
PHOTO N° DSC 10 A VENIR PROCHAINEMENT
Ils ne trouveront pas de « cyber café » mais pourrons cependant récupérer nos emails dans une agence de voyage qui mettra à leur disposition un de leurs ordinateurs. Quelques courses au village puis nous décidons de repartir sur Miseno afin de reprendre la sécurité de notre corps mort pour la nuit.
Mardi 25 Septembre :
C’est sous une pluie battante que nous quittons Miseno en direction de Capri et Agropoli. Les prévisions météo pour les jours à venir ne sont pas bonnes et je pense qu’il est préférable de ne pas descendre directement sur Vulcano car des vents de forces 8 à 9 sont annoncés pour
Mercredi ou Jeudi prochain. Une halte au village d’Agropoli nous permettra de nous avancer vers les Iles Lipari tout en nous assurant un abri sur si l’avis de coup de vent se précise.
La journée de navigation sera rendu pénible par une pluie incessante et par un très fort clapot croisé. La houle venant du large étant contrariée par un clapot de surface très serré, soulevé par un fort vent de Nord Est. La convergence de ces deux phénomènes martèlera les coques d’ «Umiak » jusqu’à notre arrivée devant Agropoli.
Pendant toute cette journée de navigation Agnès sera devenue testeuse officielle et consommatrice fidèle du médicament « mer calme ».
Mercredi 25 Septembre :
A l’entrée du port, nous nous mettons à couple d’une magnifique goélette en bois d’une vingtaine de mètres, propriété d’un jeune espagnol avec qui nous discutons et qui nous félicite de notre choix de catamaran. Avant cette goélette il était l’heureux propriétaire d’un Lagoon 440 et il semble apprécier la rapidité des catamarans aux allures portantes. Nous sommes seulement restés quelques heures amarrés à couple de la goélette. Un ressac important nous a convaincu d’aller nous mettre au fond du port à quai juste à coté de la station essence et nous avons pu passer une nuit très calme car le fond du port est très abrité.
Au petit matin les bateaux de pèches sont revenus s’amarrer à coté de nous après leur escapade nocturne.
Un bateau de pêche vient d’accoster prés de nous et un petit groupe de personnes attendent pour acheter directement le poisson fraichement péché. Agnès vient de partir pour rejoindre le petit groupe qui s’agglutine autours des caisses déposés sur le quai et par les hublots je la vois
regarder les produits proposés à la vente. Je la rejoins pour voir le choix proposé, mais devant les prix proposés nous faisons marche arrière. Bizarrement le poisson est vendu plus cher que chez le poissonnier qui se trouve à quelques centaines de mètres de là.
Après avoir pris un nouveau mouillage afin de ne pas gêner la station essence, nous allons faire un tour en ville pour trouver un cyber café et faire quelques courses.
Agropli est intéressant à plus d’un titre. Son village médiéval qui surplombe le port et de l’autre coté de la jetée ses quartiers modernes dont les superbes boutiques sont le témoin de ce contraste permanent qui caractérise l’Italie
Nous avons pu récupérer les fichiers grib météo pour les prochains jours à venir et nous décidons de partir immédiatement pour profiter d’un vent portant. Direction les Iles Eoliennes.
Il est 17 heures, nous marchons sous genaker et grand voile entière à presque dix nœuds. Nous avons confié le bateau à Mr Pilote automatique et pendant que je rédige cet article, Pacôme et Baptiste ont bien évidement repris leur game-boy et Agnès est terrée dans sa cabine et dort sous l’effet du magicien- pharmacien Mr Mer calme.
Plus tard dans la soirée, le souffle porteur semble lui aussi bien fatigué et peu à peu il va nous signifier son congé pour la nuit. Serait il offusqué que nous l’ayons abandonné à la gestion impersonnelle de Mr Pilote Automatique ?
Grosse erreur : Au large des grains et de violents orages semblent se rapprocher de nous.
Nous pensons avoir évité les grains mais au milieu de la nuit un énorme nuage noir se dirige vers nous. Pacôme est entrain d’affaler la grand voile quand le grain s’abat sur nous avec une violence incroyable : Plus de 40 nœuds de vents enregistrés avant que l’anémomètre rende l’âme. Est-ce les violentes perturbations que nous subissons sous une pluie torrentielle et des coups de tonnerres à vous décrocher les tympans, nous ne saurons pas. Devant ce force neuf qui s’établi pas question de continuer à faire route en remontant le vent. Après une brève concertation avec Pacôme qui a été parfait dans la manœuvre d’affalage, nous décidons de prendre la direction du port de Cetraro. Il est situé à plus de six heures de navigation de notre route actuelle, mais comme il est impossible de remonter au vent en direction de Vulcano, nous n’avons pas trop le choix et nous descendons à sec de toile au largue afin de rejoindre cet abri.
Au plus fort de l’orage nous étions à quelques milles de deux ferries qui étaient parfaitement identifiés et positionnés sur mon logiciel de navigation, et j’ai constaté que toutes les communications AIS ont été coupées pendant plusieurs minutes. Je sais maintenant ce que l’expression « coupé du monde » veut dire.
Il est onze heures du matin et nous arrivons enfin à Cetraro ou nous comptons nous abriter le temps de laisser passer la dépression. La météo annonce encore pour demain des vents de force 8 à 9 il n’est pas question de reprendre la mer, sachant de plus qu’il va falloir monter en tête de mat pour essayer d’identifier la panne de l’anémomètre.
Les gardes cotes sont venus nous voir pour contrôler les documents de bords. Agnès est allée avec tous les documents dans leur bureau. Elle a été très bien reçue et tous ont été admiratifs de notre périple en famille. Ils ont souhaité que nous parlions d’eux sur le blog et c’est avec plaisir et sincérité que je peux dire que les gardes côtes italiens sont extrêmement sympathiques.