Agnès, Pacôme, Baptiste et Jean Jacques........ une année de liberté et de découvertes
Nous avons quitté en début de matinée Capo San Vito après avoir fait le plein de gasoil sachant que par la suite il nous sera difficile de nous approvisionner aux mêmes conditions dans les Iles Egadi.
Nous descendons grand large sous génois et deux ris à 7 nœuds, afin de limiter le travail du pilote automatique, dans une houle croisée qui est la résultante de courants importants entre les îles. La tramontane a partiellement chassé les nuages et c’est sous un soleil de temps en temps voilé que nous pointons vers Isola Levanzo. 
Baptiste en profite pour s’avancer dans son travail : 
Agnès est absorbée par sa lecture entre deux « haut le cœur » :

Pietro a vécu sur cette île car sa mère y était institutrice dans le petit village de cinq élèves. Les conditions de vie étaient selon lui absolument paradisiaque et c’est selon lui le poste d’enseignante qu’a préféré sa mère de toute sa longue carrière.
Nous sommes loin des effectifs du collège de Manduel, mais je suis certain que Monsieur Wachoviak, le directeur de Baptiste fervent amateur de voile, aurait adoré diriger quelques temps une pareille école.
Pietro nous a conseiller de trouver un guide afin d’essayer de visiter les grottes ornées de peintures rupestres. Afin de préserver le site, l’accès aux grottes a été fermé récemment.
Avant d’aller mouiller devant Levanzo nous décidons de faire un petit crochet par Formica, minuscule île habitée par une communauté Catholique qui a investi les anciennes installations qui servaient autrefois aux nombreuses « Matanza ».

Les conditions de vents nous empêchent de mouiller pour descendre à terre et nous devrons nous contenter de photographier les bâtiments.
Mais qu’importe car nous avons une autre tache à accomplir. En arrivant à quelques milles de Formica nous avons péché une Liche glauque de quatre kilos et il va falloir la préparer pour le repas de ce soir. Nous attendrons d’être mouillé devant le village de Levanzo pour qu’Agnès se charge du travail ingrat. 
Située dans l’une des deux seules criques de l’île, le village de Levanzo est minuscule. L’activité des habitants est essentiellement tournée vers la pêche. Malgré tout, nous sommes étonnés du nombre important de navettes et de rotation de ferrys. A chaque débarquement ou embarquement nous ne voyons qu’une ou deux personnes au maximum comme passager.
Pour être plus tranquille et ne pas être gênés par le trafic des navettes, nous mouillerons pour la nuit dans la crique voisine.

Agnès a préparé une sauce Hollandaise pour déguster notre prise d’hier. Accompagnée de pomme de terre vapeur, cette Liche est un véritable délice.
Au petit matin un pécheur vient en barque nous proposer du poisson frais. Ce n’est pas son jour de chance!!!
Notre objectif est d’aller visiter la grotte Del Genovese et voir les fameuses peintures rupestres datant de 8000 ans avant JC qui sont situées tout au nord de l’île.

L’entrée de la grotte est fermée et il faut prendre un guide qui vous y conduit après un véritable parcours du combattant.
Nous voila parti en Land Rover pour le plus grand plaisir de Baptiste qui partage l’arrière du véhicule avec Eddy, le jeune et infatigable setter de notre guide. 
L’accès aux grottes se fait par un chemin de berger aménagé de rambardes de sécurité pour le tourisme d’été. Il faut presque une heure pour rejoindre l’entrée de la grotte.

Afin de préserver l’état originel des peintures qui ont été découvertes seulement en 1960, il est interdit de se servi de flash et nous devrons donc nous contenter de garder en mémoire ce moment émouvant. A l’intérieur règne une température constante de 19 degrés. Notre guide s’est muni d’un phare de voiture et d’une petite batterie 12 volts pour nous permettre de voir en détail les peintures paléolithiques, les plus anciennes, datant de la même époque que les dessins de Lasco et qui ont été datée grâce à la technique du carbone 14. Ces dessins ont réalisés essentiellement à l’aide de charbon de bois. Des sculptures néolithiques plus récentes représentant différents animaux facilement identifiables sont creusées dans la roche. La finesse des contours montre bien l’évolution des « artistes » de l’époque.

Un grand merci à notre guide d’un jour qui dans un savant mélange d’Italien et d’Anglais a su nous faire partager en détail les secrets et les plaisirs de son lieu de vie si particulier. 
Pendant ce temps « Umiak-Mantagua » nous attend sagement dans la cala Fredda prêt à appareiller pour l’ïle de Marettimo. 